Vendre ses culottes portées : faut-il déclarer ses revenus ?
Oui, dans la plupart des cas, il faut déclarer ses ventes de culottes portées dès qu'elles deviennent régulières. Revendre une fois un vieux sous-vêtement que tu ne mets plus n'est pas imposable, mais acheter des culottes pour les porter puis les vendre, ou proposer des contenus personnalisés, relève d'une activité à déclarer aux impôts et, souvent, à l'Urssaf.
Pas de panique pour autant : les règles sont plus simples qu'on ne le croit, et se mettre en règle tôt t'évite bien des sueurs froides. On fait le point, sans jargon.
Ceci n'est pas un conseil juridique ou fiscal : les informations ci-dessous sont générales, à jour au moment de la rédaction, et ne remplacent pas l'avis d'un expert-comptable ou des services des impôts.
Vente culotte portée et impôts : ce que dit la règle générale
Le fisc français fait une distinction claire entre deux situations. D'un côté, la vente de biens personnels d'occasion : tu te débarrasses d'affaires que tu as achetées pour toi et utilisées. Selon le portail du ministère de l'Économie, ces revenus n'ont pas à être déclarés, sauf exceptions (bijoux, objets d'art, biens vendus plus de 5 000 €).
De l'autre, l'achat-revente ou la fabrication-revente systématique. Là, les revenus sont imposables et le même site précise qu'il faut alors s'immatriculer au répertoire Sirene, comme toute activité professionnelle.
Et la vente de culottes portées, alors ? Tout dépend de ta pratique :
- Tu revends ponctuellement deux ou trois sous-vêtements que tu portais déjà et que tu ne mets plus : on reste plutôt du côté de la vente de biens personnels.
- Tu achètes de la lingerie dans le but de la porter puis de la revendre, tu publies des annonces chaque semaine, tu fixes des prix selon la durée de port ou les options : on se rapproche nettement d'une activité commerciale habituelle.
Dans le second cas, le prix payé ne rémunère plus seulement un vêtement d'occasion, mais aussi un service et une démarche régulière. C'est cette régularité et cette recherche de bénéfice qui font basculer dans l'activité à déclarer.
Photos, vidéos personnalisées : des revenus à part ?
Beaucoup de vendeuses ne se limitent pas aux sous-vêtements. Elles proposent aussi des photos, des vidéos personnalisées ou des échanges en direct. Ces revenus-là ne sont jamais de la « vente de biens personnels » : il s'agit de prestations de services ou de créations, imposables dès le premier euro.
Concrètement, si tu combines ventes d'articles portés et contenus sur mesure, tu as en pratique une activité mixte. Ça ne complique pas forcément les choses, mais il faut le savoir au moment de choisir ton statut, car les seuils et les taux diffèrent selon la nature de l'activité.
DAC7 : 30 ventes ou 2 000 €, c'est quoi ce seuil ?
Tu as sans doute entendu parler du seuil des « 30 ventes ou 2 000 € ». Il vient de la directive européenne DAC7, appliquée en France depuis 2023. Elle oblige les plateformes en ligne à transmettre à l'administration fiscale les informations sur leurs vendeurs lorsque, dans l'année, ils réalisent au moins 30 opérations ou perçoivent plus de 2 000 €.
Attention au contresens fréquent : ce seuil n'est pas un seuil d'imposition. Le site impots.gouv.fr le rappelle : dépasser ces montants déclenche une transmission d'informations, pas automatiquement un impôt. À l'inverse, rester en dessous ne te dispense pas de déclarer si ton activité est habituelle.
Ce qui change surtout avec DAC7, c'est la visibilité : les plateformes doivent te demander ton identité et ton numéro fiscal, et t'envoyer chaque année, en janvier, un récapitulatif de tes transactions. L'administration dispose donc des mêmes chiffres que toi.
Quel statut choisir pour déclarer ses ventes de culottes portées ?
Pour une activité régulière mais modeste, la solution la plus répandue reste la micro-entreprise (ex-auto-entreprise). Elle se crée en ligne, gratuitement, et fonctionne avec des formalités allégées.
Les plafonds de chiffre d'affaires
Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, les plafonds 2026 du régime micro sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et de 83 600 € pour les prestations de services. Autant dire qu'une vendeuse débutante a de la marge.
La TVA
Tant que ton chiffre d'affaires reste sous le seuil de la franchise en base de TVA (85 000 € pour les ventes, 37 500 € pour les prestations de services en 2026), tu ne factures pas de TVA. Le projet de seuil unique abaissé à 25 000 € a été abandonné, précise le même site.
Les cotisations sociales
En micro-entreprise, tu déclares ton chiffre d'affaires à l'Urssaf chaque mois ou chaque trimestre, et tu paies des cotisations proportionnelles à ce que tu as encaissé. Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations. Les taux exacts dépendent de l'activité : vérifie-les sur autoentrepreneur.urssaf.fr au moment de te lancer.
Comment déclarer concrètement, étape par étape ?
- Évalue ta pratique : ventes ponctuelles d'affaires perso ou activité régulière ? Contenus personnalisés ou non ?
- Crée ta micro-entreprise si l'activité est régulière, via le guichet unique officiel. Tu obtiens un numéro SIRET.
- Tiens un registre simple de tes recettes (date, montant, nature de la vente) et garde tes justificatifs.
- Déclare ton chiffre d'affaires à l'Urssaf selon la périodicité choisie.
- Reporte tes revenus dans ta déclaration annuelle d'impôt sur le revenu, dans la rubrique dédiée aux revenus non salariaux.
- Compare avec le récapitulatif DAC7 envoyé par chaque plateforme en janvier : les montants doivent être cohérents.
Côté pratique, garde en tête que ce qui compte est ce que tu encaisses réellement. Prends le temps de lire comment fonctionnent les frais de la plateforme pour savoir ce qui revient vraiment sur ton compte.
Que risque-t-on à ne rien déclarer ?
Ne pas déclarer une activité régulière expose à un redressement fiscal : impôt dû, majorations et intérêts de retard. L'Urssaf peut aussi réclamer les cotisations non payées. Et une activité professionnelle exercée sans immatriculation peut être qualifiée de travail dissimulé.
Avec DAC7, l'argument « personne ne le saura » ne tient plus vraiment : les plateformes déclarent leurs vendeurs. La bonne nouvelle, c'est qu'une erreur de bonne foi se rattrape plus facilement quand tu prends les devants. Si tu as déjà vendu sans déclarer, un expert-comptable pourra t'aider à régulariser proprement.
Discrétion : ton activité reste-t-elle confidentielle ?
C'est souvent la vraie inquiétude derrière la question. Déclarer ne veut pas dire tout exposer : l'administration fiscale et l'Urssaf sont tenues au secret professionnel, et ta déclaration n'indique pas « vente de culottes portées » à ton entourage.
Au moment de créer ta micro-entreprise, tu choisis un intitulé d'activité. Un intitulé exact mais sobre, du type vente de vêtements d'occasion ou création de contenus numériques, est courant. Fais-toi confirmer par un professionnel que la formulation choisie décrit fidèlement ce que tu fais. Pour les autres aspects de la discrétion, notre article sur la légalité de la vente de culottes portées fait le tour de la question.
Une fois ton cadre posé, tu peux te concentrer sur l'essentiel : tes annonces de culottes portées, de chaussettes ou d'autres articles, l'esprit tranquille.
FAQ : déclarer ses ventes de culottes portées
Faut-il déclarer une seule vente de culotte portée ?
Une vente isolée d'un sous-vêtement que tu possédais et portais déjà s'apparente à la vente d'un bien personnel d'occasion, en principe non imposable. Tout change si tu achètes des articles dans le but de les revendre ou si tu vends régulièrement : l'activité devient alors à déclarer, quel que soit le montant.
En dessous de 2 000 €, je suis tranquille ?
Pas forcément. Le seuil de 30 ventes ou 2 000 € issu de DAC7 déclenche seulement la transmission de tes données par la plateforme au fisc. Il ne crée ni impôt ni exonération. Une activité habituelle, même petite, reste à déclarer, et les cotisations restent proportionnelles à ce que tu encaisses.
Mes proches verront-ils ma déclaration ?
Non. Tes déclarations fiscales et sociales sont couvertes par le secret professionnel des administrations. Seul le foyer fiscal partage la déclaration de revenus : si tu fais une déclaration commune, ton ou ta partenaire verra donc le montant déclaré, mais pas le détail de tes ventes.
Les contenus personnalisés sont-ils imposés comme les culottes ?
Pas tout à fait. Les photos, vidéos sur mesure ou échanges en direct sont des prestations de services, imposables dès le premier euro, avec des plafonds et des taux de cotisations différents de ceux de la vente de marchandises. Si tu fais les deux, ton activité est mixte : un professionnel t'aidera à bien la paramétrer.
Je suis salariée ou étudiante : je peux cumuler ?
En règle générale, oui : la micro-entreprise se cumule avec un emploi salarié ou des études. Vérifie toutefois ton contrat de travail (clause d'exclusivité, obligation de loyauté) et, si tu perçois des aides ou une bourse, l'impact de ces revenus supplémentaires sur tes droits.
En résumé
Revendre de temps en temps une culotte que tu ne portes plus : rien à déclarer. Vendre régulièrement des articles portés ou des contenus personnalisés : c'est une activité à déclarer, et la micro-entreprise est souvent la voie la plus simple. Avec DAC7, mieux vaut prendre les devants. Un rendez-vous avec un expert-comptable au démarrage, et tu vends ensuite l'esprit libre.