C'est quoi le gooning ? Définition, origines et limites

Le gooning, c'est une pratique de plaisir solitaire prolongé : on retarde volontairement l'orgasme, parfois pendant des heures, pour atteindre un état d'absorption proche de la transe. Le mot vient de l'argot anglophone d'Internet et s'est répandu à vitesse grand V ces dernières années.

Si tu es tombé·e sur ce terme sur les réseaux, dans un mème ou dans une conversation, et que tu te demandes ce qu'il recouvre vraiment, tu es au bon endroit. On fait le point, sans tabou et sans jugement : définition, différence avec l'edging, pourquoi ça attire, et à partir de quand il vaut mieux lever le pied.

Gooning : la définition simple

Le gooning désigne une masturbation volontairement étirée dans le temps, où l'objectif n'est pas de « finir » vite mais de rester longtemps dans un état d'excitation élevée. Selon Futura Santé, les adeptes recherchent avant tout un état de « béatitude quasi hypnotique » plutôt que l'orgasme lui-même.

Celles et ceux qui pratiquent se font appeler des gooners. Attention à la confusion : en Angleterre, « gooner » désigne aussi un supporter du club de foot d'Arsenal. Rien à voir, donc, même si les deux usages cohabitent joyeusement sur Internet.

Quelques caractéristiques reviennent souvent quand on parle de gooning :

  • La durée : on parle de sessions longues, bien au-delà de quelques minutes.
  • Le lâcher-prise : l'idée est de « décrocher » mentalement, de se laisser absorber par les sensations et les fantasmes.
  • Le contrôle : on s'arrête avant le point de non-retour, puis on reprend, encore et encore.
  • Les supports : beaucoup de gooners s'appuient sur des contenus visuels ou audio, parfois en continu.

Quelle différence entre gooning et edging ?

Les deux pratiques sont cousines, et c'est normal de les confondre. L'edging consiste à s'approcher tout près de l'orgasme puis à s'arrêter, pour faire monter l'intensité. Le gooning reprend ce principe, mais le pousse plus loin dans la durée et dans l'état mental recherché.

La sexologue Ness Cooper, citée par Paris Match Belgique, résume la nuance ainsi : dans le gooning, on répète ce processus d'approche et de pause sur une longue période. Pour faire simple :

  • L'edging est une technique, qu'on peut utiliser quelques minutes, seul·e ou à deux.
  • Le gooning est plutôt une expérience à part entière, souvent solitaire, centrée sur la transe et le temps long.

Si l'univers du plaisir retardé te parle, tu remarqueras qu'il croise aussi celui de la frustration érotique, où le fait de ne pas pouvoir conclure devient lui-même source d'excitation.

Et le rapport avec la chasteté ou le « tease and denial » ?

Le point commun, c'est le jeu avec l'attente. Mais la chasteté (comme pendant le No Nut November) repose sur l'abstinence, alors que le gooning repose au contraire sur une stimulation prolongée. Deux façons opposées de jouer avec le même ressort : le désir qui monte.

D'où vient le gooning et pourquoi on en parle autant ?

Le terme circule depuis longtemps dans certaines communautés en ligne, mais il a vraiment explosé récemment. D'après Futura Santé, la pratique a pris de l'ampleur pendant la période du Covid-19, avant une forte croissance en ligne à partir de 2023. Le même article évoque plus de 320 000 recherches mensuelles sur le sujet aux États-Unis.

Paris Match Belgique, de son côté, relie le gooning à l'univers BDSM et au courant du slow sex, qui valorise la lenteur et la présence aux sensations plutôt que la performance. L'article note aussi que la pratique, d'abord associée aux hommes, intéresse de plus en plus de femmes.

Plusieurs facteurs expliquent ce coup de projecteur :

  • La viralité du mot : il est devenu un mème, parfois utilisé au second degré, ce qui a éveillé la curiosité bien au-delà des pratiquants.
  • Les communautés en ligne : des espaces dédiés se sont formés sur les réseaux sociaux, où les gooners échangent.
  • L'accès illimité aux contenus : le gooning s'appuie souvent sur des vidéos ou des audios, très faciles à trouver aujourd'hui.

Pourquoi le gooning attire-t-il autant ?

Pour comprendre l'attrait, il faut regarder ce que les adeptes disent y trouver. Selon Futura Santé, ils décrivent une meilleure connexion à leur corps, à leur respiration, à leurs sensations et à leurs fantasmes. Rien de très mystérieux au fond : prendre son temps change la nature du plaisir.

On peut résumer les motivations les plus fréquemment évoquées :

  • Une parenthèse mentale : se couper du quotidien, comme une forme d'évasion.
  • La maîtrise de soi : apprendre à connaître ses limites et à jouer avec.
  • L'intensité : l'attente prolongée rend les sensations plus fortes.
  • L'exploration des fantasmes : le temps long laisse de la place à l'imaginaire.

Certains associent aussi le gooning à des contenus audio, comme l'ASMR érotique, qui favorise justement cet état d'immersion. Et si tu te demandes si ce genre d'envie est « normal », on a consacré un article entier à la question : mes fantasmes sont-ils normaux ?

Le gooning est-il dangereux ?

En soi, le plaisir solitaire est une pratique sexuelle banale et saine. Le gooning entre adultes, choisi et vécu sereinement, n'a rien de problématique. La vraie question n'est pas « est-ce que je goone ? » mais « quelle place ça prend dans ma vie ? ».

À ce jour, il n'existe pas, à notre connaissance, d'études scientifiques solides consacrées spécifiquement au gooning. En revanche, l'Organisation mondiale de la santé reconnaît dans sa classification internationale des maladies (CIM-11, code 6C72) le trouble du comportement sexuel compulsif. Il se caractérise notamment par :

  • une activité sexuelle qui devient centrale au point de négliger sa santé, ses proches ou ses responsabilités ;
  • des tentatives répétées et infructueuses de réduire ce comportement ;
  • la poursuite du comportement malgré des conséquences négatives ;
  • une détresse marquée ou une gêne importante dans sa vie, sur une période prolongée (par exemple six mois ou plus).

Point important souligné par l'OMS : la culpabilité liée uniquement à des jugements moraux ne suffit pas à parler de trouble. Autrement dit, se sentir « bizarre » d'aimer quelque chose ne fait pas de toi quelqu'un de malade.

Les signaux qui doivent t'alerter

Dans un article publié par Futura Santé, les professeurs Laurent Karila et Amine Benyamina, spécialistes des addictions, listent plusieurs signes qui justifient d'en parler à quelqu'un :

  • des pensées sexuelles qui t'occupent l'esprit de façon envahissante ;
  • le besoin de cacher tes pratiques à ton entourage ;
  • le sentiment de perdre le contrôle ;
  • de la tristesse ou un malaise après coup ;
  • des sessions qui empiètent sur ton sommeil, ton travail ou ta vie de couple.

Si tu te reconnais dans plusieurs de ces points, tu peux te tourner vers un médecin, un sexologue, un psychologue ou un CSAPA (centre de soins spécialisé en addictologie). Demander de l'aide, c'est prendre soin de soi, pas avouer une faute.

Comment pratiquer le gooning de façon plus sereine ?

Si le gooning fait partie de ta vie intime et que tu t'y sens bien, quelques repères de bon sens permettent de garder une pratique équilibrée :

  • Fixe-toi un cadre : un moment choisi, plutôt qu'une habitude qui grignote tes nuits.
  • Écoute ton corps : fais des pauses, hydrate-toi, arrête en cas d'inconfort.
  • Varie tes plaisirs : le gooning peut cohabiter avec d'autres formes de sexualité, seul·e ou à deux.
  • Choisis tes contenus : privilégie des contenus produits par des adultes consentants et rémunérés, comme ceux proposés dans l'univers du gooning sur des plateformes dédiées.
  • Parle-en si tu es en couple : ce n'est pas une obligation, mais le secret pèse souvent plus lourd que la pratique elle-même.

Et si tu préfères explorer le plaisir solitaire de façon plus large, sans forcément viser le temps long, la catégorie soloplay regroupe des contenus pensés pour ça.

FAQ sur le gooning

Que veut dire « gooner » ?

Un gooner est une personne qui pratique le gooning, c'est-à-dire un plaisir solitaire prolongé où l'on retarde volontairement l'orgasme pour atteindre un état d'absorption. Le mot vient de l'argot anglophone d'Internet. À ne pas confondre avec les « Gooners », surnom des supporters du club de football d'Arsenal, à Londres.

Le gooning, c'est réservé aux hommes ?

Non. Le terme a d'abord circulé dans des communautés majoritairement masculines, mais la pratique concerne tous les genres. Selon Paris Match Belgique, de plus en plus de femmes s'y intéressent. Le principe reste le même pour tout le monde : prendre son temps, faire durer l'excitation et se laisser absorber par ses sensations et ses fantasmes.

Combien de temps dure une session de gooning ?

Il n'y a pas de durée officielle. Ce qui distingue le gooning, c'est justement le temps long : on parle souvent de sessions qui s'étirent bien au-delà d'une masturbation classique, parfois sur plusieurs heures. L'essentiel est que cette durée reste un choix, et qu'elle n'empiète pas sur ton sommeil, ton travail ou tes relations.

Le gooning peut-il devenir une addiction ?

Comme toute pratique sexuelle, il peut devenir problématique s'il échappe à ton contrôle. L'OMS reconnaît le trouble du comportement sexuel compulsif : perte de contrôle, tentatives d'arrêt qui échouent, conséquences négatives et détresse sur plusieurs mois. Si tu te reconnais là-dedans, un sexologue ou un CSAPA peut t'accompagner, sans jugement.

Peut-on pratiquer le gooning en couple ?

Le gooning est surtout décrit comme une pratique solitaire, mais rien n'empêche de s'inspirer de ses principes à deux. L'edging, sa version plus courte, se pratique d'ailleurs souvent en couple. Comme toujours, tout repose sur le dialogue, l'envie partagée et le consentement de chacun, avec la liberté d'arrêter à tout moment.

En résumé

Le gooning, c'est l'art de faire durer le plaisir solitaire jusqu'à une forme de transe. Une pratique devenue virale, cousine de l'edging, qui n'a rien d'inquiétant tant qu'elle reste un choix et un plaisir. Garde simplement un œil sur la place qu'elle prend dans ta vie, et n'hésite pas à demander conseil si elle devient envahissante.

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